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Le Blog De La Blonde

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Je fais des trucs. Plein. Parfois j'en parle ici.


Idiocracy - Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existant ou ayant existé n'est absolument pas fortuite

Publié par Le Blog De La Blonde sur 30 Juin 2015, 07:00am

Catégories : #Le reste

Idiocracy - Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existant ou ayant existé n'est absolument pas fortuite

...ou l'importance de remettre à l'honneur la responsabilité individuelle plutôt que de sans cesse blâmer autrui.

 

On entend de plus en plus, ici et là, des voix s'élever pour dénoncer le naufrage culturel dans lequel une partie de l'Humanité semble délibérément s'engager. On assiste ici à la destruction de sites antiques, à des autodafés en masse (ce qui me fait penser, d'ailleurs, que j'ai toujours un billet concernant Farenheit 451 sur le feu) et partout, on s'insurge.

Bien entendu.

Et bien heureusement d'ailleurs.

Ces faits sont l'oeuvre de terroristes qui espèrent asseoir leurs préceptes d'un autre âge sur les cendres d'une civilisation qu'ils renient. C'est spectaculaire et choquant. Aussi, tout le monde s'accorde lorsqu'il s'agit de condamner ces actes atroces.

Normal.

 

Pendant ce temps là, "chez nous", on assiste à ce que j'appelle "une crise majeure de la maitrise de l'orthographe et de la syntaxe" chez les jeunes, à une baisse de l'investissement moyen dans le cadre des études et à une débilisation générale du contenu des programmes diffusés dans de nombreux médias aux heures de grande écoute. L'émotion, partout, prend le pas sur le reste. On est inondé de contenus "choc" dépourvus de sens, qu'on avale et qu'on recrache sans rien avoir digéré, restant sur notre faim, gonflés seulement par la vacuité des contenus qui nous parviennent. Mais jamais nourris.

 

Bien sûr, il reste des médias pour sauver la situation, ceux qui restent fidèle à une même ligne de conduite, depuis longtemps, misant tout sur le fond plutôt que sur la forme, sur le travail d'investigation plutôt que sur le racolage médiatique, qui parient sur la diversification des contenus plutôt que de se laisser happer par le panurgisme ambiant.

 

Force est de constater que même les publications de certains titres de la presse écrite considérés jusque là comme exigeants vis à vis de leur contenu commencent à (plus ou moins) doucement glisser vers une vulgarisation parfois grotesque voire vers un racolage qui semble parfaitement assumé (toi qui es abonné au fil Facebook des Inrocks, je sais que tu me comprends).

 

Le bashing et le sexe font plus de clics que le reportage d'investigation, c'est un fait, la logique consumériste l'emporte logiquement sur le reste et le journalisme semble condamné (dans sa grande majorité) à se reconvertir dans ce qu'il s'était sans doute juré de ne jamais devenir : une compilation de contenus visant à déclencher des émotions vives et immédiates ("Vous ne devinerez jamais"..."Attendez de voir"... "Vous n'allez pas en croire vos yeux...") sans, la plupart du temps, alimenter aucunement ne serait-ce que le début d'une vraie réflexion.

 

 

(Les paroles sont à retrouver ici)

 

 

Voici venue l'ère du sensationnel et ... de l'artificiel.

Alors que la société nous conduit vers un repli individualiste par de nombreux biais, on nous sert de la franche camaraderie à tous les niveaux. La convivialité factice a été instrumentalisée en piège à gogo et les vendeurs de Starbucks ou d'Apple tutoient le client en l'appelant par son prénom pour mieux lui vendre leur camelote surévaluée ("Aie confiance...")

 

Non mais, tu le sens, toi aussi hein, le lent glissement?

Tu le vois venir le risque d'abrutissement des masses qu'on affame en les privant de vrais sentiments pour les manipuler plus facilement en leur concédant une marque de sympathie au moment opportun (= celui de l'achat).

 

Histoire de ne pas être dans la redite tout à fait, je vais t'épargner le couplet sur la réforme du collège qui me semble aller directement dans ce sens, et sur le sacrifice de l'enseignement des sciences expérimentales qui est en train de se mettre en place au lycée (Qu'y a t'il de dangereux dans le fait d'apprendre à des élèves à penser? A raisonner? A exercer leur esprit critique? A analyser des situations pour tenter de mettre en place des remédiations?)(Ahem).

 

Si l'Ecole peut fabriquer de bons petits soldats dociles et obsédés par l'idée de consommer tout et n'importe quoi, du genre de ceux dont la priorité est désormais de satisfaire des besoins imaginaires (voilà voilà, on en est là), la sacro sainte croissance pourra peut-être enfin décoller. Qui sait?

 

Alors oui...OUI, je les entends déjà ceux qui vont me traiter d'oiseau de mauvaise augure, incapable de faire confiance aux générations futures.

Honnêtement, dans les propos que j'ai tenus précédemment, j'ai un peu forcé le trait mais c'était pour m'amener doucement à parler de ce film qui est censé être l'objet de ce billet : Idiocracy.

Il s'agit d'une comédie satirique futuriste qui pourrait franchement prêter à sourire d'un bout à l'autre du visionnage s'il n'y avait pas ce petit arrière-goût amer dans la bouche, qui vient nécessairement gêner la dégustation.

 

Le contexte (merci Wiki) : 

 

"Joe Bauers est l'image type de l'Américain moyen. Il travaille dans l'armée américaine comme simple soldat, en tant que responsable des archives et n'a aucune ambition. Il est recruté par le Pentagone comme cobaye d'un programme d'hibernation censé durer un an.

Rita, une prostituée, est engagée pour tenir le rôle du cobaye féminin. Le responsable de l'expérience se retrouve embourbé dans une affaire de proxénétisme. Les fonds du programme d'hibernation sont coupés et les caissons contenant les deux cobayes sont oubliés dans une décharge. Ils se réveillent 500 ans plus tard dans un pays qu'ils ne reconnaissent pas.

La société est totalement abêtie tant le QI moyen a baissé au cours des siècles précédents, à cause d'un « schéma de sélection naturelle inversée » (voir vidéo en bas de billet). La population de la Terre en 2500 n'est composée que d'imbéciles non-éduqués habitant des studios saturés de publicités murales et de déchets, passant leurs journées à ingérer de la malbouffe délivrée via un tuyau et à regarder des programmes débiles à la télévision, calés non stop sur la lunette de leurs toilettes. L'économie entière est régie par des entreprises, en situation de monopole, exerçant un pouvoir sans limite. Le seul désir des gens se résume à cette phrase : « I like money »."

 

Et c'est vraiment bien fichu, c'est une vision pessimiste mais presque plausible de ce qui nous attend si on continue sur la voie dans laquelle nous sommes engagés.

Je n'en dis pas plus, il te faudra te lancer à ton tour dans l'aventure "Idiocracy" pour connaitre la suite. Tout ça pour dire que, si on s'offusque légitimement de la destruction brutale et massive d'un patrimoine historique, on laisse insidieusement s'installer un climat culturel délétère sans qu'aucun mouvement de protestation ne se mette en place. 

Les subventions allouées aux festivals sont réduites à presque rien et on ne compte plus le nombre d'évènements culturels qui, de ce fait, ne seront pas reconduits cette année.

Les réformes de l'Education Nationale vont dans le sens d'un nivellement vers le bas (on pourrait en discuter longuement, je sais que la fameuse réforme a donné lieu à des prises de position radicales des uns et des autres -je n'ai absolument pas envie de polémiquer- je me contente de donner mon avis, inutile d'essayer de m'en faire changer, c'est peine perdue). Je me souviens qu'après mon concours, à l'IUFM (L'Institut de Formation des Maîtres, que chaque titulaire d'un concours de l'Education Nationale permettant d'enseigner devait fréquenter une année durant), on m'avait expliqué qu'il était possible qu'en entrant au collège les élèves n'aient pas encore l'habitude d'avoir des devoirs écrits à faire chez eux après la classe étant donné que c'était théoriquement interdit en primaire.

 

(Paroles ici)

 

Face à la consternation générale, on a demandé pourquoi cette mesure d'interdiction avait été mise en place. Il nous fut répondu que la mesure visait à ne pas défavoriser les élèves qui n'avaient pas la possibilité d'être aidés à la maison le soir.

OK.

Donc plutôt que de chercher une remédiation sous la forme d'une aide aux devoirs, l'EN préfère tirer vers le bas tout le monde et supprimer les devoirs écrits. Pendant la période de la scolarité où les mômes sont censés apprendre à maitriser l'écriture, la consigne générale est de ne pas les faire écrire lors des devoirs. Et on s'étonne encore que le pourcentage d'enfants ne maitrisant pas correctement écriture et calcul en entrant au collège grossit de plus en plus... Ahem.

On tente désormais de faire peser sur le contenu des enseignements du collège la responsabilité de l'échec d'une fraction de plus en plus importante de la population dans l'apprentissage de la lecture et du calcul. Je vois.

Lorsque les enseignants descendent dans la rue pour signifier leur colère contre cette duperie, le texte passe en force le soir même. Intolérable camouflet.

 

Oui, bon, ce que je fais là, c'est un peu facile.

Faire le constat d'un dysfonctionnement, soit. Y apporter des solutions...c'est déjà plus compliqué.

Je crois que pour commencer la solution est à rechercher dans la responsabilité individuelle. Si chacun prend conscience de son degré d'implication dans le marasme qu'il dénonce, les choses devraient bouger. 

Il appartient sans doute à chacun de cesser de rejeter la faute sur le gouvernement, les grands groupes etc... Certes, ils ont une responsabilité lourde mais si rien ne change de leur côté, il est sans doute du devoir de chaque citoyen de prendre ses propres responsabilités.

 

 

Il faut se battre pour défendre un journalisme de qualité en continuant à acheter la presse qu'on aime, il faut cesser de cliquer sur des contenus débiles ... -Surtout si c'est pour, dans la foulée, les partager sur les réseaux sociaux en fustigeant la vacuité du contenu, ce qui fait le jeu de ceux qui sont les auteurs de ces articles qui n'ont d'autre but que d'être partagés ou commentés, quelqu'en soit le motif (éloge ou moquerie peu importe), histoire de générer du clic permettant ensuite aux éditeurs de ces contenus de vendre des espaces publicitaires plus chers à leurs annonceurs-, et arrêter de regarder des émissions débiles (qu'on dénonce à grands cris sur Twitter)(oubliant sans doute que rien n'empêche quiconque de se soustraire à ce flot de niaiseries en éteignant son poste)(et oui).

 

Ces actes anodins font de chacun le complice de ce système abrutissant.

Alors oui, j'entends les "le pays est en crise, la situation est - au quotidien- de plus en plus compliquée et on a, plus que jamais, besoin de se distraire".

Pour ma part, je reste convaincue que lorsqu'on rencontre un problème, la solution n'est jamais de le nier ou de tenter de l'oublier pour étouffer sa douleur ou sa colère mais au contraire de se nourrir de ces sensations/émotions fortes pour tenter de trouver des solutions/s'engager dans des mouvements de masse qui pourront faire bouger les choses.

 

Plutôt que de se lamenter, pourquoi ne pas cesser de faire de personnalités creuses des célébrités, en cessant de relayer quoique ce soit les concernant?

Je crois qu'il revient à chacun de générer une tendance alternative.

Je vois, ici et là, des amis qui se lamentent de la popularité dans les médias de starlettes siliconées au QI négatifs mais passent leur temps à partager leurs frasques débiles. Mais enfin POURQUOI? C'est complètement improductif et ça va justement dans le sens de ce qu'ils dénoncent (je veux bien des explications si tu en as).

 

La solution peut sans doute passer par une modification individuelle des comportements.

 

Rejeter la responsabilité sur les politiques, l'Education, la Bourse, les marques etc... c'est confortable mais c'est oublier qu'on ne nous sert que ce que l'on aime.  Assumer sa propre part de responsabilité, en agissant, au quotidien, différemment, c'est -selon moi- la clé.

Ce que les médias nous proposent matin/midi et soir n'est que le résultat de l'analyse des études statistiques de ce dont le lecteur/spectateur est friand. S'il cesse de consommer de la merde, on lui proposera un autre contenu. CQFD.

 

Dans le film, dont le pitch est vraiment formidable et qui pêche peut-être un peu par un excès d'humour bas du front (qui lui permet d'aller très loin dans la satire, du coup), tu verras aussi comment les marques en situation de monopole ont réussi à modifier l'Humanité. Comment la puissance de la pub a conduit des populations entières à gober des absurdités dans le simple but de vendre toujours plus (ahah, la question de l'eau dans le film!). Comment la société de consommation, lentement, a conduit la société à glisser vers une absence totale de jugement. Oui, c'est une fiction. Oui. Mais enfin quand on regarde autour de nous, déjà...

 

J'y reviens -pardon- mais je comprends aussi difficilement les consommateurs qui se rendent régulièrement chez Starbucks pour payer BEAUCOUP TROP CHER un café qui n'est qu'à moitié bon, que ceux qui campent devant l'Apple Store pendant plusieurs jours et nuits dans le seul but de se vanter sur les réseaux sociaux, sitôt l'achat effectué, de leur acquisition toute fraîche.

Le pire est d'ailleurs que, si ce genre de publication conduisait à une condamnation directe et ferme de la bêtise de son auteur, il se calmerait bien vite et prendrait le temps de réfléchir deux minutes à la légitimité de ses actes. Mais non. On voit pulluler sous la photo du trophée des commentaires qui applaudissent, témoignent de la convoitise, encouragent le gogo qui, pleinement satisfait, se sent légitimé par la réaction d'autrui.

Au secours.

 

Je ne prétends pas donner de leçon à quiconque ici, je suis loin d'être exemplaire. Simplement je suis lassée, ces temps-ci, d'assister à un comportement sur les réseaux sociaux qui consiste à se plaindre sans cesse d'un désastre auquel, finalement, on participe tous un peu. Il me semble que la plupart de ceux qui se placent en victime d'un système qu'ils dénoncent, l'entretiennent au quotidien. 

Et puis bon, tout simplement, j'avais besoin de publier ce billet parce que tu sais ce qu'on dit, hein : ça va mieux en l'écrivant/le disant.

Comme tu auras pu le constater, Assassin est là pour assurer l'illustration musicale du billet (si le son a vieilli, les textes n'ont pas pris une ride, eux), mise en musique rituelle ici.

Et bien entendu, je t'invite à visionner Idocracy dès que tu auras un moment. 

XX

 

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