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Le Blog De La Blonde

Le Blog De La Blonde

Je fais des trucs. Plein. Parfois j'en parle ici.


Ballake Sissoko,Vincent Segal et Hindi Zahra au Plan)

Publié par NotSoBlonde sur 17 Avril 2010, 11:00am

Catégories : #Musique

 

Samedi 10 avril. Je déménage.

 Depuis le temps qu’on en parlait : nous y voilà. Cartons -chargements en tous genres- déballage- remballage. L’heure des bilans. La morosité me gagne lentement mais sûrement. Quand je prends congé de mes gentils aides-déménageurs du jour, j’ai le cœur un peu lourd. Heureusement V. qui décidément me connaît bien, a repéré juste ce qu’il me faut pour me changer les idées : Hindi Zahra est au plan ce soir là. Et je sais que je peux compter sur elle pour me faire oublier mes tracas.

Ballake Sissoko et Vincent Segal précèdent la belle interprète de « Beautiful Tango ». Initiative inhabituelle donc assez surprenante : la salle indique que le bar sera fermé pendant toute la durée de la première partie. Après renseignement il apparaît que c’est à la demande des interprètes.  Autant vous dire que je suis alors résolue à tout faire pour connaitre les raisons de cette initiative... (j'aurais d'ailleurs rapidement la réponse, annoncée par V. Segal himself).

 Ils arrivent sur scène, un brin stressés. Tous deux semblent très intimidés. Avant de débuter, Vincent Segal annonce d’une voix très discrète qu’il n’a pas l’habitude de se produire, avec Ballake, devant un public debout et qu’ils redoutent tous deux cette première expérience car (je cite) leur musique demande une attention toute particulière et nécessite une certaine concentration (notamment la kora de Ballake). Aussi, il demande gentiment au public s’il est d’accord pour s’asseoir pendant leur prestation. Immédiatement tout le monde s’assied, mi amusé- mi intrigué par la requête. Jamais je n’avais encore vu ça : chaque spectateur est au sol et pas un bruit ne dérange le silence qui vient de s’installer et confine au recueillement dans la salle du Plan d’ordinaire très réactive et remuante. Ils peuvent commencer.

 

   Vincent Segal impose naturellement le respect. Sa voix est calme et posée, son ton est très respectueux. Et puis on est sans doute plusieurs à le connaître par ailleurs. Il faut dire qu’il a collaboré avec de nombreux artistes et que son talent n’est plus à démontrer ; j’ai en tête en particulier sa participation au dernier album de Piers Faccini. Les morceaux sont assez calmes et on redoute vite une certaine monotonie mais il n’en est rien : les titres sont comme un dialogue musical entre les deux musiciens qui échangent beaucoup pendant le concert, en regards et sourires complices et en notes tirées de leurs cordes qui se répondent souvent.

      L’affection qui existe entre ces deux là est touchante.  Ils sont pourtant bien différents : Vincent et son allure d’européen guindé avec son violoncelle d’apparence si sage. Ballake et sa tunique en coton waxé qui brille sous les projecteurs devant sa magnifique kora. Tous deux se ressemblent pourtant beaucoup par le plaisir qu’ils ont à faire partager leur musique et leurs expériences. 

   

Vincent profite de chaque transition entre deux titres pour expliquer un peu l’origine d’un morceau, les circonstances dans lesquelles il a été créé ou encore préciser les contraintes techniques posées par la manipulation de la kora. Le public est très attentif à ses remarques et l’encourage systématiquement à se livrer.

Il est assez fascinant d’observer Ballake pendant qu’il joue. Les yeux clos la plupart du temps, il fait preuve d’une incroyable dextérité dans la manipulation des cordes de la kora (qui semble être particulièrement difficile à dompter), rappelant la grâce des gestes du harpiste quand ses doigts glissent le long de l’instrument.

 

A la fin du concert ils sont acclamés par le public qui a fini par se relever (l’ensemble des spectateurs ne pouvant accéder à la salle dans ces conditions) mais a su rester calme pendant toute leur prestation. Ils reviennent pour un rappel savoureux. Il faut que je précise ici que d’une façon générale je ne suis pas très « musique instrumentale ». Je suis particulièrement sensible aux voix. Même quand  je ne comprends pas les paroles, le timbre vocal apporte une musicalité particulière, une chaleur qui me manque sur les morceaux purement instrumentaux.  Et bien la musique de Vincent Segal et Ballake Sissoko m’a complètement captivée. Je salue la performance de ces deux musiciens de talent qui ont su s’imposer en douceur  avec leur « force tranquille ». Hindi Zahra prend la suite.

   Quatrième fois que je la vois se produire sur scène et mon engouement ne faiblit pas. Au contraire. Cette fille dégage une vraie puissance, assez sidérante. Et elle a encore gagné en assurance depuis la dernière fois. Comme me l’a très justement fait remarquer V., elle rappelle Sapho par certains points. Par son extravagance naturelle, sa gestuelle variée, sa facilité à s’abandonner à la musique et à se livrer à des improvisations chorégraphiques de toute beauté. Par la force qui transparait dans la voix et les attitudes. Par son goût prononcé pour les accessoires colorés judicieusement choisis et accumulés, aussi. 

Cette femme est vraiment fascinante. Elle ouvre le concert avec « Try », enchaine sur les titres de son album dont ses (déjà) gros succès « Beautiful Tango », « Oursoul » et « Imik Simik ». Le public reprenant en chœur de nombreux refrains sur ces morceaux.  L’esprit de Bob Marley vient faire une incursion dans son univers avec la reprise de « waiting in vain » où Hindi Zahra et son public communient par la voix et la danse. Intense.

Sur la fin du show, après une jolie impro orientale au cours de laquelle elle nous fait la démonstration de son fabuleux déhanché et de ses vibrations hypnotiques elle termine avec « Stand up » qui mobilise tout le public dans des applaudissements qui marquent le rythme du morceau. Bien sûr elle reviendra pour un rappel qui sera l’occasion de découvrir « old friends » sur scène. Plutôt magique. Ses musiciens sont vraiment pros et assurent l'ambiance très fusion : entre folk,reggae et sonorités orientales. Ma préférence va à Thomas Naïm qui, je trouve, se démarque des autres par sa présence sur scène.

 

 Grâce à eux quatre la soirée a été particulièrement réussie. Pas un instant je n’ai songé au chantier qui m’attendait dans mon nouveau chez-moi, c’est dire… Je termine en remerciant Florent qui a eu la gentillesse de me récupérer la « tracklist » du soir sur la scène en gentil hiboo-coopératif qu’il est ;-) (et pour les photos aussi, merci, merci) et le Plan) qui décidément nous réserve de sacrés bons moments ces temps ci.

 Merci le hiboo pour les illustrations de haute qualité ;-)

  

 

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