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Le Blog De La Blonde

Le Blog De La Blonde

Je fais des trucs. Plein. Parfois j'en parle ici.


Cascadeur au Zénith de Paris (première partie de Damien Saez, jeudi 6 mai 2010)

Publié par NotSoBlonde sur 15 Mai 2010, 07:00am

Catégories : #Musique

Cascadeur est un artiste qui m’est sympathique. Son travail me séduit vraiment. 

C’est au cours d’un des rendez vous de Mme Lune que j’ai rencontré son univers : A l'occasion d’un concert donné dans le salon musical de l’église Sainte Eustache où il partageait l’affiche avec 3 autres artistes. Sur le moment j’ai été complètement déboussolée par sa prestation; il faut dire qu’il y a de quoi l’être…

Avec un peu de recul j’ai réussi à apprécier complètement le spectacle mais il est si singulier qu’il peut  décontenancer de prime abord.

Le lendemain du concert, j'avais pris le temps de laisser un commentaire sur sa page myspace, comme je le fais souvent après une session musicale qui m’a particulièrement touchée. Jolie surprise : je reçois un long message personnel franchement intéressant en réponse au mien. Je suis d’autant plus surprise que l’artiste instaure sur les scènes sur lesquelles il se produit une ambiance particulière qui crée une certaine distance avec le public (notamment liée au fait que son visage est dissimulé derrière des artifices divers et variés tout au long du show). Je suis donc sur le moment heureuse de constater que Cascadeur n’hésite pas à faire tomber les barrières pour évoquer son univers et s’intéresser à la façon dont le public « reçoit » sa performance.

Ce soir là, le jeudi 6 mai 2010, il se produit en première partie du concert de Damien Saez. On peut redouter (je ne manque d’ailleurs pas de le faire) un accueil frileux de la part du public venu pour écouter Saez qui évolue dans un tout autre registre musical (et esthétique).

C'est avec "into the wild" qu'il débute. Les chœurs d’enfant qu’il lance en arrière plan de son premier morceau prennent une ampleur incroyable dans le beau volume de la salle et installent dès les premières minutes l’ambiance qui est la sienne : un mélange vraiment troublant entre le monde de l’enfance et les textes forts et profonds  de l’auteur/interprète.

 Son allure surprend dès qu’il entre en scène, habillé d’une combinaison intégrale de mécanicien immaculée sur laquelle se détache seulement son nom de scène en lettres rouges scintillantes, au dos. Le visage quant à lui est dissimulé par un casque orné d'une très ostensible étoile rouge, à l’exception de ses lèvres dont on peut suivre le mouvement pendant le chant.

Mes photos | CASCADEUR

 

L’éclairage du soir est excellent et l’artiste a pris soin de faire installer derrière lui un écran sur lequel sont projetées des images léchées, souvent hypnotiques qui ajoutent une dimension supplémentaire à son univers très travaillé.

Ainsi, quand Cascadeur est éclairé frontalement (souvent), sa silhouette si particulière se détache sur les formes projetées sur l’écran dessinant un ensemble des plus intéressants.L’éclairage est réglé de telle sorte qu’il participe à cultiver le mystère autour du personnage qui est en scène : avec ces projections d’ombres récurrentes bien sûr mais aussi quand, à la faveur d’une petite mise en scène savamment organisée il annonce par exemple un « évènement d’envergure mondiale : le retrait de son casque » (sic). Au moment fatidique le noir complet se fait sur le fond de la scène qu’il a regagné pour l’occasion et celui-ci ne sera levé qu’une fois que le casque aura été soigneusement remplacé par ce que j’identifie comme étant un masque de catcheur (sans certitude ceci dit je ne suis pas très au fait de ce genre de costumes …).

Sa voix puissante et claire sied bien au vaste espace du zénith qu’elle remplit intégralement. Comme un gosse, l’homme est joueur et touchant. Lorsqu’il invite le public à applaudir son jeu d’enfant (un magnétophone destiné au premier âge qui épelle à la demande des mots simples et nous en fait la lecture TRES articulée), c’est tout le zénith qui le suit. Moment absurde et au final assez magique.

Il entonne « Meaning » (son morceau le plus touchant selon moi) nimbé d’une cascade de flocons lumineux. Quand la mélodie de « Walker » résonne c'est sur fond de paysages enneigés, d’étoiles et de bulles. C’est donc dans un environnement aérien d’une blancheur virginale que s’impose la voix de Cascadeur.

Pour « Your shadow », c’est installé dans le noir qu’il chante, ne reçevant la lumière que d’un projecteur situé à la parfaite verticale de sa position : l’atmosphère se fait franchement intimiste. Il invite le public (qui ne se fait pas prier), à marquer le rythme du morceau.

Fin d’un moment assez merveilleux grâce à cet artiste déroutant  qui  a livré une prestation vraiment atypique et jubilatoire qui a su remporter l’adhésion du public, littéralement enthousiasmé.

 

 

Je retiens de cette première partie l'ampleur qu'a pris sa voix quand geste, lumières et musique se sont accordés dans des envolées de toute beauté. Quel frisson alors!

La pureté de l'émotion ressentie sur le moment me semble mal s'accomoder de la théatralité exagérée de l'instant et c'est peut être ça qui déroute le plus mais au fond l'artiste joue avec nos émotions en mélangeant des genres a priori très éloignés. Finalement c'est intéressant cette confrontation des paradoxes, même si on ne le ressent qu'après coup.

Une chose est sûre Cascadeur est de ces artistes qui continuent de vous accompagner même longtemps après le concert...

   

A suivre sur sa page myspace, à découvrir absolument sur scène  et à écouter  bientôt  « at home » car un album est en préparation.

 

A noter que les photos qui illustrent ce billet sont tirées du myspace de l’artiste et ne correspondent pas à la scène du zénith du 6 mai ce qui explique que sa tenue sur les photos n’est pas blanche comme indiqué dans le texte…

 

 Retrouvez d'excellents clichés de la prestation de Cascadeur sur 2eyeswideopen ou soul kitchen.

 

Dernière minute : cette vidéo résume assez bien ce qu'est Cascadeur : après une première minute angoissante pendant laquelle il reste mutique, le spectateur ne sait pas comment réagir à l'irruption sonore du jeu Play*kool puis il chante et c'est merveilleux.

 

Embarquement immédiat pour le grand écart émotionnel que propose Cascadeur sur scène : Prêt? Partez!

 

 

Commenter cet article

Traip 18/05/2010 10:41



vu au Klub il y a 2 ans: ambiance stellaire et laborantesque assez touchante.



NotSoBlonde 18/05/2010 11:16



Oui c'est vraiment un artiste à part qui est dans la création...A suivre de près!



Steph' 17/05/2010 11:30



j'ai découvert cette artiste avec Saez et j'ai adoré aussi



Sabine Swann 15/05/2010 12:05



Ahh Saint Eustache! Et le choc psycho-émotionel causé par un artiste étrange et fascinant!! Je suis toujours troublé par le jeune homme, j'arrive toujours pas à cerner le personnage...



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