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Le Blog De La Blonde

Le Blog De La Blonde

Je fais des trucs. Plein. Parfois j'en parle ici.


Vicky Christina Barcelona de Woody Allen

Publié par NotSoBlonde sur 8 Février 2010, 22:00pm

Catégories : #Ciné

 

Woody Allen est un réaisateur de 73 ans.


Je voue à son travail une admiration de longue date et le sentiment de satisfaction qui m’envahit après le visionnage de chacun de ses films m’autorise à penser que je fais partie de ses « inconditionnelles ».


J’ai vu très récemment « Vicky Cristina Barcelona » et j’avoue avoir un peu redouté le moment de la confrontation avec ce film car les avis de ceux  qui apprécient le travail de W. Allen parmi mes connaissances étaient très partagés.


Pour ma part j’ai beaucoup aimé cette production.




 Bien sûr, la présence d’un narrateur (bavard) qui renforce l’impression de carte postale animée ne m’a pas parue indispensable et je me suis même demandée ce qu’aurait donné le film sans cet artifice.

 Ceci dit il donne aussi à cette fiction un côté suranné, très « vieille Europe » qui colle à merveille avec le portrait que dresse le réalisateur de Barcelone.

 


Ce film consiste en la confrontation d’une vision américano-puritaine de l’amour à la vision plus libertaire (libertine ?) d’une certaine jeunesse européenne.


« Poncifs, préjugés et autres images d’Epinal se succèdent » a-t-on entendu à propos de ce film.

 Je ne suis pas tout à fait d’accord.


Le cadre européen de ce film n’est qu’un prétexte permettant d’accentuer le décalage entre les deux « mondes » qui se rencontrent. Barcelone permet un dépaysement total, tant dans les modes de vie que dans la façon d’envisager sa relation à l’Autre, une vraie rupture qui donne l’occasion de repenser ses habitudes et ses certitudes.


Quelle modernité chez Mr Allen en tout cas !

 

 Le propos tenu dans ce film n’est pas moralisateur ni provocateur.


Il se contente de suivre deux personnages aux ambitions sentimentales a priori fort éloignées : la brune sérieuse et pleine de certitudes sur son amour inconditionnel pour son fiancé si bien-sous-tous-rapports et la blonde (incendiaire) prête à tenter toutes les combinaisons amoureuses possibles pour accéder au bonheur-selon-elle : l’amour sans entrave.

 

 L’une se cherche, l’autre semble s’être déjà trouvée.


Toutes deux sont amenées à revenir sur leurs certitudes : La brune si sérieuse se surprend, à la faveur d’une soirée où elle se laisse aller à ses émotions, à remettre en cause ses engagements et son destin tout tracé.


La blonde se verra confrontée à de cruels dilemmes : le triangle amoureux dans lequel elle s’engage est  nécessairement remis en cause quand la jalousie fait son apparition, quand s’exprime le besoin viscéral de posséder l’autre de façon exclusive; reste ensuite à savoir quelle place elle lui laisse occuper…


Woody A. ne semble pas vouloir donner de modèle ou d’avis tranché : Chacun doit composer avec ses propres désirs et faire la part des choses entre le fantasme qui ne permet l’épanouissement que s’il reste irréalisé et les désirs profonds dont la réalisation contribue à la construction de soi.


Dans l’air tiède des ruelles barcelonaises on se surprend à partager les tourments des deux héroïnes, sans jamais tomber dans la gravité car Woody Allen sait désamorcer par un effet comique bien senti les instants les plus critiques.

Alors que le spectateur s’attend à voir la vie de l’une basculer, alors que sa reddition semble totale, un imprévu fait tout basculer…


Penelope Cruz joue l’artiste tourmentée avec talent, Scarlett Johannsen exagère un peu selon moi son  côté « bombe sexuelle » (je veux dire que cette fille a déjà un physique qui la pose en tant que bombe universelle et que l’exagération des moues sexy et des postures provocantes l’amène parfois au bord de la vulgarité)(point de vue typiquement féminin car tous les « mâles » qui ont vu évoluer Scarlett dans ce film l’ont simplement trouvée divine).



Javier Barden compose un personnage laissant libre cours à ses envies, qui semble ne jamais devoir refouler ses pulsions sexuelles ; le discours qu’il tient aux femmes qu’il désire peut paraître déconcertant mais il donne une vision dépouillée de toute contrainte morale, de tout vernis social.

 

L’honnêteté de ses invites doit elle être blâmée ?


La séquence dans le restaurant où il propose aux deux jeunes américaines de partager son lit au cours du week end qui suit peut paraître choquante mais a le mérite d’être d’une sincérité absolue, non ?


Elle m’a évoqué la chanson de Volo "C'est pas tout ça".



Quand il n’y a pas d’amour (ou pas encore), est ce malvenu d’oser exprimer crûment la motivation de son élan envers l’autre ?


Cette chanson de Volo est juste considérée comme une « petite chanson marrante » par certains; certes.

Ceci dit j’y vois aussi une façon de présenter une alternative aux relations homme/femme habituelles, dépouillée de toute l’hypocrisie qui conduit parfois à de lourds malentendus.


 Si l’élan envers l’autre n’est au départ qu’une pulsion sexuelle, est ce malvenu de la formuler ainsi ?


Doit-on  s’en offusquer ou féliciter celui qui ose ainsi l’exprimer ?


Peu importe en fait, mais la vraie question est « Est il plus honorable de laisser penser à l’autre qu’on éprouve pour lui des sentiments profonds si ce n’est pas le cas ? »


De prime abord bien sûr cela semble plus noble : on met l’autre en confiance -en flattant, les choses deviennent plus simples, l'autre se laisse aller plus facilement mais ce sont des manœuvres stratégiques qui ne sont pas louables si les propos ne sont pas sincères.
Qu’en est-il au petit matin quand l’un essaie de disparaître et que l’autre se lance dans des déclarations enflammées ?


Woody Allen dépoussière la vision du couple avec ce film d’une fraîcheur inespérée pour un réalisateur de son âge…

Décidément Woody a tout pour (me) plaire !

 

 

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woodywood et puis coeur 18/03/2010 19:13


J'adore tous les films de ce réalisateur. Dommage qu'il soit si peu programmé à la télévision... Mais n'en déplaise aux défenseurs d'hadopi, on trouve grâce au téléchargement tous les films du
Monsieur. C'est quand même bien beau le partage culturel! Pour qui cela intéresse, des liens de téléchargement direct de tous les Woody Allen sont consignés dans un seul et même fichier texte que
l'on peut trouver ici : http://www.megaupload.com/?d=UY01QKZD


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